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mercredi 17 mai 2017

Portrait : Emmanuel Pajot, artiste peintre briochin


Je sonne à l'interphone d'un petit immeuble, face au lycée Freyssinet. À peine une minute plus tard, je vois arriver un homme, blouse blanche maculée de taches, cheveux en bataille. S'il était une poignée d'années plus jeune, je pourrais le confondre avec l'un des lycéens d'en face. De qui s'agit-il ? Il s'agit d'Emmanuel Pajot, artiste peintre, qui m'ouvre les portes de son atelier de travail.

S'il est habitant de la rue Jean Rioche, pour des raisons pratiques, et par professionnalisme, il travaille son art dans cet atelier aux murs recouverts de toiles et d'installation en 3 D, mélangeant peinture et sculpture. L'endroit est agréable, lumineux, et donne une assez bonne définition du personnage et de son travail.

©patrick béguinel

Emmanuel était journaliste. Il y a cinq ans, il décide de franchir le pas, à un moment où la question se pose à tout un chacun, à savoir « est-ce véritablement ce que je veux faire de ma vie ? » Ainsi, lassé par un travail répétitif, qui le conduisait sans cesse aux mêmes endroits, à voir sans cesse les mêmes têtes (et à en voir trop, des têtes), il décide de se lancer dans « ce qu'il savait qu'il ferait un jour », à savoir peindre et essayer de vivre de son art.

Choix difficile car synonyme de perte de revenus, donc perte du fameux pouvoir d'achat dont on parle tant en ce moment. Suite à des nombreuses discussions avec sa femme, qui lui apporte un soutien total, il se lance : il peindra, et ne fera désormais plus que ça !

Oui, mais voilà, ce n'est pas si simple : aujourd'hui, les artistes doivent enfiler plusieurs costumes dont celui de commercial. Ainsi, si Emmanuel occupe la majeure partie de son temps à peindre ses toiles (environ 3 toiles en même temps, afin que les temps de séchage ne coïncident pas), l'autre est dévoué au démarchage des galeries d'art, d'ici et d'ailleurs.

Comme beaucoup d'artistes, il est très difficile pour Emmanuel de vivre de son art pleinement. Les galeristes sont réticents à afficher des peintres n'ayant pas « de nom » reconnu nationalement ou internationalement. Il est bien trop souvent demandé à Emmanuel de payer pour avoir le droit d'exposer, sans certitude d'aucune sorte de vendre en retour. Son dernier voyage à Londres, où il plaçait de bons espoirs quant à une exposition, s'est avéré décevant. 

©patrick béguinel

 
Pourtant, malgré cela, Emmanuel Pajot expose, pêle-mêle, à Quimper, à Cavan (exposition temporaire désormais terminée), à Cognac et à Londres. Tout cela lui permet d'être visible même si, parfois, ses efforts s'avèrent peu payants. Qu'importe, c'est un homme heureux, et, oserai-je dire, épanouie, dont je fais la connaissance. Il me parle de son travail avec une modestie non feinte, argumentant qu'il « ne révolutionne rien » dans le monde de la peinture, qu'il recycle ce qui a déjà été fait. Quelles sont ses inspirations ? Le street art (il est casé dans cette catégorie par les galeristes), le néo pop art (pas celui de Warhol, mais celui plus récent qui détourne les marques et les icônes actuelles telles Bob l'éponge, les personnages de comics, les mangas et la pop culture en général), mais également de tous ces mouvements précurseurs dont celui lancé par Marcel Duchamp et son célèbre urinoir. Contrairement à énormément de street artiste, Emmanuel ne peint pas sur les murs. Il peint sur toile, à l'huile principalement, même s'il lui arrive d'utiliser des bombes aérosol. L'utilisation de la peinture à l'huile tend à apporter à ses productions une touche de noblesse, car cette peinture demande patience et minutie, sans parler du savoir-faire qu'elle requiert. 
 
Au cours de notre entretien, il est un homme dont Emmanuel me parle avec un respect profond, un natif de Saint-Brieuc auquel la ville ne rend, hélas, pas hommage, ce qui est fort dommage : Raymond Hains, chef de file du mouvement dit « des affichistes ». À son image, Emmanuel récupère des affiches ayant pour vocation à être détruites, fragments d'affiches qu'il insère dans ses toiles, leur donnant ainsi matière et âme. Recycler le vieux, l'inutile, pour lui donner une seconde vie, et l'insérer dans des pièces vivantes et colorées, voilà qui a du sens pour cet artiste à l'univers coloré, dynamique et presque enfantin.
 
©patrick béguinel

Pour vous faire une idée plus juste du travail d'Emmanuel Pajot, vous pouvez vous rendre sur sa page facebook :https://www.facebook.com/Emmanuel-Pajot-Artiste-Peintre-484274161621325/
Sur son site personnel : http://www.emmanuelpajot.weonea.com/
Aller voir ses toiles exposées à Quimper : Ma première Galerie
A Cognac à la galerie Cognac Art
Nous notons également que la revue Arzour existe. Elle réunie en son sein plusieurs artistes bretons, dont Emmanuel Pajot. Il s'agit d'une vraie revue avec plein d'articles dedans. Pour l'obtenir, contactez l'association triphazé au 06 07 86 89 49 ou sur le facebook de Anny Juillet Plasticienne : https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=1435894606422569&id=414721421873231

jeudi 24 mars 2016

La musique ne le quitte jamais

La musique ne le quitte jamais. 

Où qu'il aille, elle le poursuit. Dans sa tête, dans ses oreilles, dans ses doigts, dans sa bouche, elle survient à n'importe quel moment de la journée.
Dès le réveil elle est là. Sous la douche. Il sifflote. il chante. Il s'époumone même, parfois. Puis au petit déjeuner. il allume la radio et il tombe sur de la musique parce que France Inter est en grève et quand ils sont en grève, ils passent de la musique non stop. Bien en plus, la musique.

Après ça, il file au boulot. Dans l'auto-radio, le dernier cd qu'il a acheté. Eh oui, il fait partie de ceux qui osent encore acheter de la musique au lieu de la télécharger. les habitudes ont, avec lui, la vie dure.
Au travail, il chantonne. Non pas parce qu'il est heureux de bosser sept heures derrière son ordinateur,n juste parce qu'il ne peut s'empêcher de chantonner. Ca agace ses collègues, ils le lui disent, mais il s'en fout royalement. il leur répondrait presque "laissez moi chanter, laissez moi...." tout le monde connaît la suite.

A l'heure du repas, il file à l'hypermarché d'à côté pour s'acheter un sandwich à manger sur le pouce. Dans les travées de l'hyper, la musique de supermarché l'envahie. Elle est nulle, insipide voire franchement dégueulasse comme un filet de pêche mais elle existe néanmoins et s’imprègne en lui. il aimerait s'en débarrasser mais elle trotte inlassablement dans son crâne.

Et puis retour au bureau, puis retour à la maison, même processus. Quand sa femme revient, ils se mettent un disque, un vieux vinyle qu'il avait déniché dans une brocante, un vieux Miles Davis qu'ils écoutent dans le calme de leur appartement, un verre de vin blanc moelleux dans la main. 

Des fois, ils dansent, amoureux, sur un air de jazz. 

La musique ne le quitte jamais...



jeudi 18 février 2016

S'en foutre de tout et mourir

Robert, il s'en foutait de tout cela.

Il tira sur sa cigarette, laissa la fumée se faufiler dans son système respiratoire, aller jusqu'au cul-de-sac de ses bronches, se désagréger et se mélanger dans son sang, puis ressortir de ce labyrinthe par où elle était entrée.

Il toussa, gras, rauque, viscérale, se racla la gorge, en extrait un mollard couleur tabac qu'il cracha sur le bout de sa chaussure taille 42. 

Il jura, Robert. Il ne savait faire que cela, Robert. Râler, pester, incendier de bêtises tous ceux qui gravitaient, de près ou de loin, autour de lui.

Il s'en foutait de tout cela, de tous. Il était seul et n'en avait cure. Tant qu'il avait ses clopes, son rouge et sa télé, le reste il s'en foutait.

Robert, il était malheureux, triste comme une pierre, comme un jour sans soleil, comme un crachin sans arc-en-ciel. Il aurait voulu être quelqu'un d'autre mais il avait toujours refusé de changer sa façon d'être et de voir le monde.

Alors il se forçait à s'en foutre de tout. C'était mieux ainsi car les larmes qui inondaient son visage, coulaient en ruisseau le long de ses vallées de rides, ne valaient pas vraiment la peine que quiconque s'y intéresse. Pas même Robert...

dimanche 14 février 2016

Saint Valentin deuxième partie

Nous y voilà!

Ce matin j'ai offert à ma tendre bien aimée son cadeau de Saint Valentin.

Après le fond bleu à l'aquarelle que je vous avais dévoilé vendredi, j'ai fait ce motif à l'encre de chine.


Un peu plus tard, j'y ai ajouté des motifs de couleur, à l'acrylique.






Enfin, il ne me restait plus qu'à y ajouter mon petit texte de rien du tout. Je ne montre qu'un extrait, je veux que mon petit texte reste la propriété intégrale de Moona.


Et voilà le travail!

Marielle était contente de ce petit cadeau. Et moi, j'aime ma chérie de plus en plus fort...


vendredi 12 février 2016

Saint Valentin première partie

Eh oui, la fête des amoureux arrive à grands pas!
Il est donc temps pour moi de penser à un cadeau pour Moona, ma bien-aimée.

Mais que faire? Acheter quelque chose dans un magasin quelconque? Non, ce n'est pas moi, ce n'est pas elle non plus.

Ecrire un mot, un poème d'amour? Je lui en écrit régulièrement, cela n'en serait qu'un de plus.

En voyant peindre, coller, découper Moona, j'ai envie de m'y mettre aussi. Eh oui, Marielle a ce pouvoir, celui de donner envie.

Alors je me lance : peinture acrylique, aquarelle, collage, encre de chine, tout y est. 

Voici la première couche, une aquarelle bleue que Moona a déjà vu : 

 
Le reste, vous le découvrirez après Marielle, à savoir dimanche!

Sachez juste que je suis très content du résultat, ce qui n'est pas peu dire. J'espère désormais qu'il comblera ma chérie!

A dimanche!

Moon

mercredi 10 février 2016

La rebelle


Elle, c'était une rebelle.

Elle n'en avait rien à foutre des autres et de ce qu'ils pensaient d'elle.

Elle se foutait également, royalement, de ce qu'on lui intimait de faire. "Travaille bien à l'école", "range ta chambre" ou bien encore "soit respectueuse de la nature, ramasse tes déchets et jette les dans une poubelle".

De tout cela elle se moquait éperdument.

Elle, ce qui l’intéressait par dessus tout, c'était de s'égarer dans les plaisir immédiats et chimiques. 
Elle était accroc aux jus d'orange et de fruits, grave addict aux Dragibus et aux Fraises Tagada.

Ce qui lui plaisait, c'était ses cours de danse et ses copines, jouer et rire, et découvrir le monde qui l'entourait. 

Pour le reste, elle érigeait son majeur à la face du monde, comme un bouclier à la connerie.

Elle avait presque huit ans et avait largement le temps de se préoccuper de l'univers des adultes plus tard.

Elle était une enfant pleine de vie et de joie et il fallait que son innocence demeure intact pendant encore quelques années.


vendredi 5 février 2016

Abandon

Les cris et les rires avaient quitté les lieux. Les enfants étaient partis. Il ne restait que des vieux, aux regards tristes et aux lèvres serrés.

Les endroits de jeux étaient désertés. Ils ne servaient plus à rien. Autour, les herbes folles prenaient possession de chaque centimètre carré inexploité.

Tout devenait gris et terne. Tout était silencieux. Seuls mes yeux percevaient ce qu'aurait pu être cet endroit si tout le monde n'avait pas abandonné.

S'effacer. Disparaître. Ne rien laissé derrière soi qu'un peu de poussière. C'est la peur qui règne.

Des traces, je veux en laisser. je veux que l'on se souvienne de moi, de qui j'étais. Et si pour cela je dois passer le reste de ma vie à te dire combien je t'aime et combien j'aime nos enfants, je sais que jamais je ne t'abandonnerai.


jeudi 4 février 2016

Une chronique de bouquin dont je ne suis pas peu fier

Noir, très noir.

Et nerveux.
Comme une détonation d'arme à feu, comme une bastos reçu en pleine gueule. 

L'espoir ? Il n'existe pas.

 Le destin ? Une pente savonneuse nous faisant glisser sans cesse vers les marécages de la condition humaine. 

L'amour ? Inexistant, ou s'il existe, il demeure invisible, ou est affaire de loyauté.

Phrases courtes, phrases chocs. Il ne transparaît qu'une sensation de malaise, d’inéluctabilité conduisant les protagonistes à rejouer les mêmes actes d'une même vie, pourrie jusqu'à la moelle. 

Deux couples de frères, Arlo et Sepp d'un côté, Danny d'un autre qui recherche son frère disparu. Comme dans tout bon polar, ces trois-là vont se retrouver et ça finira mal. Aucune échappatoire, nul n'échappe à son destin, combien même il propose d'autres voies. 

S'extirper de sa vie, la changer, vouloir avancer les pieds pris dans le béton, dans la poisse, dans la fange. 

Et puis les accidents.

Omniprésents, ils conduisent les hommes à tenter le diable, à retomber dans leurs travers, tentants car familiers, mais destructeurs. Ils en ont conscience les frangins mais ils y courent comme des demeurés, incapable de dire stop, de se reprendre, d'espérer une autre issue. 

Noir donc.
Magnifique noir. 

Une plume experte, maladivement addictive, poisseuse, géniale. J. David Osborne ne laisse aucune chance à ses lecteurs. De la première à la dernière ligne, nous suffoquons, menaçons de nous étouffer avec nos propres errances. 
Le rythme est hypnotique, comme un bad trip, et pourtant nous sommes incapables de détacher notre regard de ses lignes qui s'étalent devant notre nez. 
Allons-nous succomber à nouveau à ce plaisir immédiat quitte à nous retrouver le cul par terre, malades à en crever de voir que tout est joué d'avance ? 
Oui, et plutôt deux fois qu'une. 

Que La Mort Vienne Sur Moi (aux éditions Rivages/thriller) nous laisse un arrière goût amer en gorge, une boule au creux de l'estomac, une gueule de bois sans avoir rien bu. 

Implacable. 

Superbe.

dimanche 31 janvier 2016

Racines

Il enroulait ses racines là où il pouvait. Il empruntait parfois des passages souterrains, des galeries obscures dans lesquelles il pouvait s'égarer mais ses racines le ramenaient finalement toujours à la lumière.
Perdu, il s'était senti balloté par des sentiments contradictoires, violents parfois. Il aurait eu envie d'envoyer tout paître mais il finissait toujours par retourner là où ses proches l'attendaient. Sa famille comptait plus que tout pour lui, il n'aurait pas pu continuer à vivre sans eux, ni sans ses amis d'ailleurs. 
Par moments, il avait fait de belles conneries mais aujourd'hui, tout cela était définitivement derrière lui car il nouait désormais ses racines avec cette personne qui l'accompagnait.
Si à eux deux ils envisageaient de créer d'autres attaches, ils ne reniaient pas celles du passé. Rien de ce qui s'était produit n'avait plus d'importance, seul comptait ce qui devait arriver désormais. 
Peut-être qu'à partir de cette constatation, tout devenait simple et limpide. Peut-être était-ce là le sel de la vie...



lundi 18 janvier 2016

Flocons

Le ciel, gris, menace de s'ouvrir et de répandre sur la terre endormie, des tonnes et des tonnes de neige fraîche.
Au petit matin, les enfants s'émerveilleront de cette blancheur inédite et un peu mystérieuse, avant de se jeter au dehors pour fabriquer des bonhommes aux formes rondes et des boules à projeter sur quiconque pénétrerait leur cercle de défense.
Il y aura des rires, des cris de joies et des sourires ravis sur les visages des parents, retrouvant dans ces jeux d'enfants un peu de leur jeunesse perdue...

mercredi 23 décembre 2015

poème

Des heures comme des jours,
des jours comme des mois,
mes mois sans toi,
mais moi sans toi,
je n'suis rien,
j'vaux que dalle.

vendredi 18 décembre 2015

Quelques photos

Le visuel attirant le regard plus que les textes, voici quelques clichés, non retravaillés, que j'ai pu prendre au cours des années. Vous y découvrirez pourquoi ma chérie me surnomme Moon.












mardi 15 décembre 2015

Pluie de décembre

La pluie coulait en minces filaments sur la vitre du salon. La lumière des réverbères, qui illuminait la pièce, tapissait les murs d'ombres fantomatiques, en perpétuel mouvement. 
L'homme était assis face à cette fenêtre, celle qui donnait sur la rue. Sur son visage émacié, aux lèvres duquel pendait une cigarette depuis longtemps consumée, les mêmes motifs abstraits se dessinaient. Il regardait vers dehors et quand un véhicule passait, tous phares et tous feux allumés, un éclair de lucidité semblait traverser son regard figé.
La pluie tombait sans discontinué depuis le matin, et il l'entendait couler dans la gouttière, celle qui faisait l'angle, avec un glouglou rassurant, incessant qui, loin de le bercer, le maintenait éveillé.
 L'eau ne cessait de se répandre sur la chaussée, sur les murs, l'humidité lui donnait froid mais il ne tremblait pas, il n'en avait pas l'énergie. 
Vêtu d'un caleçon sale de trois jours, à la couleur passée depuis la troisième lessive, il y avait de cela une éternité, des chaussettes datant de la semaine passée et un maillot de corps maculé de tâches de graisse, il attendait que quelque chose arrive. Peut-être allait-il recevoir un coup de téléphone, ou bien peut-être quelqu'un allait-il passer le voir? Il n'en savait rien mais espérait, farouchement, religieusement, que quelqu'un, quelque chose, n'importe quoi, lui enlève un peu de la solitude qui pesait sur ses épaules décharnées.
Je ne pourrais pas vous dire si effectivement un évènement quelconque tira cet homme de sa torpeur immobile. Il était juste là, attendant un peu de lumière, de cette lumière qui envahie les hommes lorsqu'ils ne se sentent pas complètement seuls.

lundi 14 décembre 2015

L'amour, toujours

Il y avait tant de paroles à dire qui furent jetés à la poubelle, tant d'émotions à ressentir que nous avons enfermé dans une cage dorée. Il y avait tant de temps à passer ensemble que nous avons passé ailleurs, à errer telles des bêtes à la recherche d'un bonheur qui, pensions-nous, nous tendait les bras. 

Il y avait si peu de chance que je te trouve et pourtant je t'ai trouvé. Les erreurs du passé nous ont façonnés à l'image de qui nous sommes aujourd'hui. Grâce à elles, nous pouvons espérer vivre comme nous l'entendons, comme nous l'espérons. Le bonheur, c'est d'être auprès de toi, je n'ai plus besoin de le chercher. S'il me fuyait jadis, c'est parce qu'à côté de moi tu n'étais pas.

samedi 12 décembre 2015

Ecrire pour être

Ecrit spontané

Parfois tout semble à porté de mains
parfois tout semble foutre le camp
parfois les mots atteignent des cîmes
parfois ils s'écrasent au fond des abîmes
ils tournent en rond
rendent fou
font mal
des fois ils sortent
et l'être accouche de ce qui l'habite
puis plus rien ne lui appartient
plus rien ne lui revient.

vendredi 11 décembre 2015

Lueurs d'automne

Les derniers rayons de soleil ont embrasé le crépuscule. la nuit s'annonça alors dans son manteau aux couleurs chatoyantes tandis qu'un léger vent balayait un reste de nuage, flemmardant dans le ciel. 





Se découpant aux branches nues des arbres, dans une lueur un peu fantomatique, une unique feuille se détache. Tombant avec grâce sur le sol humide, elle me dit que l'automne tirera bientôt sa révérence pour laisser place à l'hiver.

jeudi 10 décembre 2015

comètes

Parfois d'étranges pensées traversent mon esprit, semblables à des comètes sur un ciel étoilé.
Le spleen emplit mes poches, coule entre mes doigts comme une eau capricieuse, voie lactée insondable, indéfinissable.
Les mots me manquent alors, reste le sentiment de sentir que tout n'est pas perdu cependant, que le jour se lèvera sur un autre monde.

Ibrahim Maalouf "Red And Black Light"

L'une de mes passions, hormis celle d'écrire, est la musique. Elle m'accompagne depuis mes 15 ans, m'a probablement sauvé la vie. Elle fait corps avec moi, ne m'a jamais quitté et, comme beaucoup le disent, une journée sans musique est pour moi inconcevable. 
J'écris des chroniques de cd, sur un webzine nommé Burn Your Life tenu par un ami à moi (nous n'y sommes que deux rédacteurs) ainsi que dans un magazine culturel gratuit des côtes d'armor nommé Le Cri De l'Ormeau. J'y écrit également des chroniques de livres. Je vous ferai part de ces écrits ici également, ainsi vous pourrez découvrir mon monde. Bonne découverte!






Comme son nom ne l'indique pas forcément, Ibrahim Maalouf est un jazzman, musicien trompettiste plus exactement. S'il existe encore des personnes qui ne ...

... connaissent pas cet artiste, il est grand temps de les mettre au diapason.

Fruit de multiples cultures , sa musique navigue sur des océans aux teintes variées, allant de la note bleue la plus profonde (sur son album Wind, hommage à Miles Davis période Ascenseur Pour l'Echafaud) au rouge percutant (son titre Beyrouth et ses guitares saturées vous prouvera que le jazz n'est pas que chiant) sans jamais perdre de sa magistrale personnalité.

Son dernier album en date, Red And Black Light en est encore une redoutable preuve. Nous y retrouvons cette trompette pénétrante, aux sonorités arabisantes (le père d'Ibrahim a conçu une trompette à 4 pistons, contre 3 pour les traditionnelles, afin d'obtenir cette couleur orientale) parfois hypnotiques, parfois énergiques, au service d'une musique alliant la modernité à une rigueur jazz jamais démentie (mais certes un peu rigide).

Red And Black Light commence sur des synthés un peu cheap laissant présager le pire pour finalement mieux nous faire mentir ; dès le « refrain » nous sommes conquis par des mélodies imparables. Fort d'une identité très rock, cet album métissé prouve l'immense talent de compositeur de Maalouf. Il n'y a aucune faute de goût durant ces huit titres parfaitement homogènes. L'originalité présente à chaque morceau ne peut se démentir. Elle empêche de sombrer dans la lassitude car chaque plage révèle ses surprises au grès d'arrangements tour à tour somptueux, incisifs et imparables (eux aussi).

Les batteries savent se déchaîner lorsque les guitares rugissent puis retourner à l'état « cool » quand le bruit peut potentiellement devenir irritant. Rien n'est laissé au hasard, ni n'est consensuel. Le plaisir manifeste à jouer ces titres et équivalent à celui que nous prenons à les écouter !
Que dire de plus ? Ibrahim Maalouf fait indubitablement parti des musiciens/compositeurs les plus brillants de sa génération, capable de rallier à la cause jazz les néophytes sans pour autant faire se dresser les cheveux sur la tête des puristes.

Mélanges des origines, des rythmes, des pulsations et des couleurs, sa musique à elle seule réussit à mettre tout le monde d'accord. Dire que nous adorons cette musique et cet artiste est un doux euphémisme. Il y avait effectivement longtemps que nous n'avions pas ressenti cet indescriptible frisson de plaisir à l'écoute d'un disque.


mardi 17 novembre 2015

Paysage un peu lunaire, quelque part sur la côte bretonne. Des gouffres recueillent l'eau de mer, des monts servent de pied à terre. Le vent fouette les visages, chante dans nos oreilles. Nous sommes isolés sur cette terre à nulle autre pareille car en perpétuel mouvement. Seuls face à l'immensité, c'est le regard émerveillé d'une vie qui ne s'arrête que lorsqu'il est temps qu'elle cesse, que nous poursuivons notre route, en laissant une empreinte dans le sol gorgé d'eau.



jeudi 12 novembre 2015

La raison de ma présence 4 et fin

"Continuez, lui dis-je.

- Bien.Tout d'abord il faut que tu saches que je n'aime pas du tout cela. Je n'en suis jamais venu à ce genre... d'extrême en pratiquant mon hobby. Surtout vis à vis de l'un de mes élèves. J'ai toujours dissocié le travail du plaisir... Il y a eut, sur tes devoirs, cette série de chiffres. Elle m'indiquait que nous nous retrouverions ici-même aujourd'hui, mais elle m'indiquait aussi que d'autres allaient suivre. Je tergiverse en te disant cela, je t'ai déjà expliqué... J'en viens au but. Oh mon Dieu, c'est dur! Voilà... Il s'agit de ton père..."

J'ai dû pâlir car aussitôt il s'est levé pour mettre sa main sur mon épaule.

"Il va... il va lui arriver quelque chose. Mon Dieu pardonne moi... En rentrant chez toi après son travail, la voiture de ton père va percuter un véhicule et ton père... Ton père n'en sortira pas vivant...

- Conneries! Vous êtes complètement taré ou quoi?"

Je me levais rapidement et sortit de la salle. Derrière moi j'entendis le professeur me crier de revenir, qu'il avait d'autres choses à me dire mais j'étais dans un état tel que je me contentais de fuir dans le dédale désert de couloirs du bahut. Je n'entendais plus aucun bruit, seulement celui de mon coeur qui battait à ton rompre.
Je suis arrivé chez moi en transpirant abondamment. Je n'avais jamais dû rentrer aussi vite de ma vie à mon domicile. Ma mère essaya de m'adresser la parole mais je fus hermétique à toute communication. je m'enfermais dès lors dans ma chambre pour y être tranquille. Je mis la musique à fond et plongeai la tête dans l'oreiller afin d'y étouffer des cris de rage. S'il avait dit vrai, les chiffres lui auraient révélés ma réaction et il aurait agit différemment. C'était de pures conneries! Qu'est-ce que j'avais été con de l'écouter! Je refusais de croire les paroles de ce vieux con qui voulait sûrement me soutirer de l'argent d'avoir été ainsi mis dans la confidence du destin! Quel con j'avais été mais je me promettais que je ne croiserait plus jamais ce prof, où que j'aille et quoi que je puisse faire.

Par chance, cela n'arriva pas. Je ne le revit jamais et j'en fus fort heureux. Quelques années passèrent avant que cet événement ne s'invita à nouveau dans ma vie. Il se rappela à moi lorsque mon père fut victime d'un accident de la route. Alors qu'il se trouvait sur une petite route de campagne, un camion s'engagea dans le carrefour sans avoir vu que mon père arrivait. la faute à un rayon de soleil qui l'aurait ébloui. Les tests d'alcoolémie et de toxicomanie ne révélèrent aucune substance dans son organisme, peut-être avait-il dit la vérité après tout. C'était tout bête comme accident; la voiture de mon père s'encastra dans la remorque du poids lourd, ne lui laissant aucune chance de survie.

Lorsque l'on m'annonça la nouvelle, je fus anéanti. Je n'en ai pas cru mes oreilles. Ni mes yeux quand, un peu plus tard, je découvris le corps sans vie sur son lit de mort. J'étais en colère contre ce conducteur imprudent, contre mon paternel qui n'avait su ou pu éviter le drame. J'étais même en colère contre mon prof qui m'avait averti que cela arriverait. Peut-être m'aurait-il expliqué comment rendre cet accident impossible? Peu importe car, paradoxalement, j'étais reconnaissant envers ce professeur. Même si je me disais, inconsciemment, que tout cela n'était que fables, que tous ses dons de divinations n'étaient que pures conneries, inconsciemment cela me permit de me rapprocher de mon père.
Entre la discussion dans la petite salle et le jour de l'accident, j'ai pris le temps de parler avec papa. J'ai remonté avec lui le fil de ses souvenirs, j'ai découvert qui il était, ce qu'il aimait, ce qui le faisait rêver. En découvrant cela, je me sentais plus proche de lui, mais également de moi-même. je découvrais alors qu'elles étaient mes origines, où étaient plantées mes racines et cela m'avait permis d'avancer dans la vie avec plus de confiance en moi et envers les autres. J'aimais profondément mon père et même s'il nous a quitté, je sais qu'en moi coule une partie de sa mémoire.

fin